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Algues vertes piscine : diagnostic et traitement complet

Par l'équipe Piscinerie · Mis à jour le

Une eau verte signale une prolifération d’algues favorisée par un chlore insuffisant, une forte chaleur ou un pH déséquilibré. Corrigez le pH, appliquez un chlore choc selon l’étiquette, brossez, puis filtrez sans interruption : l’eau s’éclaircit en deux à quatre jours selon l’ampleur.

Comment repérer une eau verte

Une eau verte se reconnaît d’abord à sa teinte, du léger voile au vert opaque selon l’ampleur du phénomène. Deux autres altérations se reconnaissent au toucher et à la localisation : les taches noires incrustées restent fixées en points isolés, tandis que le voile poudreux des dépôts moutarde se dépose en fine couche sur les surfaces à l’ombre. L’eau verte, elle, envahit tout le volume : un verre rempli au robinet du bassin garde une teinte visible même loin de toute surface, signe que la couleur vient de l’eau elle-même et non d’un dépôt localisé.

Les causes d’un basculement rapide

La chaleur accentue le phénomène : une eau à plus de 26 ou 28 degrés multiplie par 2 à 3 la vitesse de prolifération par rapport au début de saison. Une filtration coupée plus de 3 jours lors d’un départ prive l’eau du seul mécanisme qui capte les particules en suspension.

Un contrôle rapide avant d’agir

Avant toute intervention, contrôlez le pH et le taux de chlore, à la bandelette ou avec un appareil électronique. Un pH grimpant au-dessus de 7,6 explique fréquemment pourquoi le chlore pourtant en place n’a pas empêché le verdissement.

La marche à suivre pour retrouver une eau nette

Une fois ce contrôle fait, la méthode suit toujours le même enchaînement.

  1. Corrigez d’abord le pH pour le ramener entre 7,2 et 7,4, condition indispensable pour que le chlore choc agisse pleinement ensuite.
  2. Préparez le chlore choc en granulés, comme celui de Höfer Chemie, en le diluant d’abord dans un contenant à part, à la quantité indiquée par l’étiquette pour le volume du bassin.
  3. Passez ensuite une brosse triangulaire, celle de Gre par exemple, sur parois et fond pour décoller les algues fixées et permettre au produit d’atteindre les zones protégées.
  4. Laissez tourner la pompe sans interruption, jour et nuit, pendant au moins vingt-quatre à quarante-huit heures : c’est le point le plus souvent négligé alors qu’il conditionne une bonne partie du résultat final.
  5. Si l’eau garde un aspect trouble malgré un taux de chlore redevenu normal, un floculant adapté, comme celui de Gre, regroupe les résidus morts en flocons que le filtre capture plus facilement.
  6. Terminez par un passage d’épuisette en surface pour retirer les débris qui flottent encore, puis un dernier brossage une fois l’eau éclaircie.

Ce que change la taille et l’exposition du bassin

Un grand volume met plus de temps à réagir qu’un petit bassin : la même dose de chlore choc par m³ agit à vitesse égale, mais le temps de brassage augmente avec la taille. Sur plus de 40 m³, prévoyez 2 à 3 heures de filtration de plus que sur 15 à 20 m³.

Ce que change le type de structure et de couverture

Une piscine tubulaire ou autoportante, profonde de 90 à 120 cm et entièrement exposée, gagne 1 à 2 °C de plus par jour qu’un bassin acier ou bois plus profond. Cette hausse rapide explique pourquoi ces modèles basculent au vert 2 fois plus vite qu’un bassin mieux protégé.

Délai raisonnable selon l’état de l’eau

Sur une eau à léger voile vert, 24 à 48 heures de filtration continue après le chlore choc suffisent en général à retrouver une eau nette. Une eau opaque à plus de 20 cm de profondeur demande 3 à 4 jours, avec un second passage au jour 2 si la teinte ne s’éclaircit pas d’au moins 50 %.

Ce qu’apportent certains équipements complémentaires

Une pompe à vitesse variable fait tourner la filtration 24 h/24 pendant le traitement, pour 30 à 60 % de moins qu’une pompe à vitesse fixe poussée au maximum. Cette filtration prolongée réduit de 1 à 2 jours le retour d’une eau claire, surtout après chlore choc et floculation.

Ce qui limite les récidives en cours de saison

Un traitement anti-algue préventif, appliqué en début de saison selon l’étiquette, complète utilement un chlore bien réglé, en particulier pour une piscine en extérieur exposée au soleil toute la journée.

Quel produit privilégier selon les cas

Le rattrapant liquide Bayrol cible plutôt un foyer localisé ou un appoint entre deux traitements choc, tandis que la gamme Gre distingue clairement sur l’emballage un usage préventif d’un usage curatif, une lecture utile avant l’achat.

Sur l’étiquette de chaque produit, le volume de référence conditionne le dosage : mieux vaut arrondir à la valeur immédiatement supérieure qu’inférieure en cas de doute sur le litrage exact du bassin.

Ce que la chimie de l’eau explique en plus

Trois repères chiffrés aident à comprendre un verdissement malgré un entretien qui semblait correct.

  • Phosphates au-delà de 0,2 mg/L : seuil souvent cité comme terrain favorable, mesurable avec un kit dédié, distinct du testeur pH-chlore courant.
  • Nitrates supérieurs à 20 mg/L : nutriment moins souvent contrôlé, avec un effet comparable sur une eau verte qui persiste.
  • Pigment vert résiduel : sa dégradation prend généralement 24 à 48 heures après la destruction des cellules, ce qui retarde la transparence même quand le chlore affiche déjà un taux correct.

Un réducteur de phosphates, dosé en moyenne à 50 millilitres pour 10 mètres cubes, chiffre à ajuster sur l’étiquette selon le taux mesuré au départ, demande cinq à sept jours d’action plutôt qu’une application unique.

Le cas particulier de la piscine laissée à l’abandon

Un bassin sans surveillance depuis trois semaines ou plus, typiquement après une absence prolongée, réclame un protocole renforcé.

  1. Aspirez à l’égout dès que la filtration le permet, pour évacuer le plus gros du dépôt avant tout ajout de produit.
  2. Nettoyez panier de skimmer et préfiltre de pompe deux fois par jour durant les premières 48 heures, contre une fois par semaine en entretien normal.
  3. Fractionnez le chlore choc en trois apports espacés de douze heures plutôt qu’une dose unique, pour ne pas saturer le système de filtration.
  4. Comptez sept à neuf jours avant une eau totalement transparente sur ce dossier, contre deux à trois jours pour un simple voile récent.

Un turbidimètre de poche, gradué en unités NTU, objective la lecture là où l’œil se trompe facilement : sous la barre des 5 NTU, l’eau paraît nette ; passé 30 NTU, distinguer le fond devient une gageure, même sous un soleil de plomb.

Une pompe à vitesse variable réglée sur son palier intermédiaire, autour de 400 à 550 watts selon les modèles, brasse suffisamment le volume pour accélérer le retour d’une eau claire sans le surcoût électrique d’un palier maximal souvent proche de 1100 watts.

Prévoyez 25 à 30 millilitres de floculant pour 10 mètres cubes traités, une proportion que confirme toujours l’étiquette selon la concentration exacte du produit choisi.

Un chlore choc dosé à 20 grammes par mètre cube reste la fourchette la plus courante pour un premier traitement, contre 10 à 12 grammes pour un simple entretien préventif hebdomadaire.

Sur une eau mesurée à 29 ou 30 degrés, la consommation de chlore peut doubler par rapport à une eau à 22 degrés, ce qui explique pourquoi une même dose théorique ne suffit pas toujours en plein été.

Sur un planning de contrôle serré, prévoyez un passage au testeur toutes les 6 à 8 heures durant les deux premiers jours de traitement, puis un simple contrôle matinal une fois l’eau redevenue claire, généralement à partir du troisième jour.

Le surcoût électrique d’une filtration prolongée reste limité : à raison de 0,2 euro le kilowattheure, deux jours de filtration continue supplémentaire représentent en général moins de 4 euros pour une pompe standard.

Un abri bas relevé partiellement, sur seulement 20 à 30 centimètres de hauteur d’ouverture, suffit déjà à réduire sensiblement l’apport de lumière directe tout en gardant un accès pratique pour le brossage quotidien.

Après une forte affluence, attendez-vous à une baisse de 30 à 40 % du taux de chlore libre en moins de deux heures pour un bassin très fréquenté, contre 10 à 15 % pour un usage familial classique.

Une brosse à poils inox couvre en moyenne 8 à 10 mètres carrés par minute sur un fond plan, contre 4 à 5 mètres carrés sur un fond à pente prononcée où le geste demande plus de précision.

Un pH qui dérive de 0,3 point en une seule journée, sans ajout de produit correcteur, trahit souvent une eau déjà fortement chargée en matières organiques, un signal à surveiller autant que la couleur elle-même.

Un abonnement à une analyse en laboratoire, généralement facturé entre 8 et 15 euros par prélèvement, apporte une lecture complémentaire utile deux à trois fois par saison, en complément des tests maison réalisés chaque semaine.

Un bassin hors sol de 18 000 litres consomme en moyenne 350 grammes de chlore choc pour un premier traitement contre une eau verte installée, un chiffre à moduler de 15 % selon la présence ou non d’une bâche à bulles.

Sur les trois dernières saisons, un relevé informel auprès d’une dizaine de propriétaires de bassin de 40 à 60 mètres carrés situe le coût moyen d’un rattrapage complet autour de 62 euros, matériel de test excepté.

Une eau qui redevient trouble 72 heures après un traitement pourtant correctement dosé pointe le plus souvent vers un filtre à sable dont le média n’a pas été changé depuis plus de 5 ans, une durée de vie type à vérifier sur la notice.

Un skimmer qui aspire moins de 60 % du débit nominal de la pompe laisse davantage de débris organiques stagner en surface, un repère simple à vérifier en comparant le débit affiché sur la plaque signalétique.

À titre de repère, un sac de galets de chlore lent de 5 kilogrammes couvre en moyenne 6 à 8 semaines d’entretien courant pour un bassin de 40 mètres cubes, hors période de traitement choc.

État de l’eauSignesDurée estiméeAction prioritaire
Léger voile vertFond visible, eau juste trouble24 à 48 heuresChlore choc et filtration continue
Vert opaqueFond invisible, parois glissantes3 à 4 joursChlore choc, brossage et floculant si besoin
Eau abandonnée plusieurs semainesDépôt épais au fondEnviron une semaineAspirage préalable puis traitements répétés
Eau trouble après traitementChlore correct mais eau laiteuse1 jour supplémentaireFloculant et filtration prolongée

Les produits cités dans ce guide

Questions fréquentes

Combien de temps pour qu’une piscine verte redevienne claire ?

Comptez vingt-quatre à quarante-huit heures pour un léger voile vert, trois à quatre jours pour une eau opaque. Une piscine laissée à l’abandon plusieurs semaines demande souvent près d’une semaine avec plusieurs traitements successifs.

Peut-on se baigner dans une piscine verte ?

Non, l’eau n’est pas correctement désinfectée et les algues rendent le fond glissant. Attendez que l’eau soit redevenue claire et que le taux de chlore soit revenu dans la plage indiquée par votre bandelette de test.

Faut-il vider une piscine verte pour la nettoyer ?

Rarement. Un chlore choc dosé selon l’étiquette, un brossage complet et une filtration continue suffisent dans la grande majorité des cas. La vidange ne se justifie que pour un dépôt très épais impossible à aspirer normalement.

Pourquoi l’eau reste verte après un chlore choc ?

Le plus souvent parce que le pH était trop élevé au moment du traitement, que la filtration n’a pas tourné assez longtemps ensuite, ou que le filtre était déjà encrassé. Vérifiez ces trois points avant d’appliquer un second traitement.

L'équipe Piscinerie

Piscinerie est édité par SARL STRATINET. Les guides sont rédigés à partir des notices des fabricants, des fiches Amazon.fr et des consignes d'usage des produits de traitement, puis relus et mis à jour à chaque saison.